Denim addiction from Okayama

Autant vous avertir, Jinji aime le denim!

Avant qu’on ne devienne intime et que l’on vous livre nos impressions sur les meilleurs denims disponibles et scrupuleusement étudiés, il est important de préciser que ce post s’adresse aux passionnés, aux Denim’s addicts, amoureux de cette couleur indigo, de sa palette intense, et de ses tonalités vivantes dévorant les surpiqures, qui évoluent à force de temps et d’usure, de lavages, voir de rapiècements.

Ceux qui comme nous sont à la recherche de ces toiles de denim, plus épaisses, tapant les 18, voir les 21 OZ pour certaines, résistantes et fidèles à leur utilité première, le workwear, pourront sans hésiter se perdre dans notre sélection.

Quelle sensation de satisfaction après maintes acharnements d’essayage lorsque le dernier bouton trouve finalement sa place à votre taille et que l’on puisse se rendre compte que pour la premiere fois, ce jean est taillé pour vous.

Bien évidemment, on dérive de leur fonction première car ces toiles sont initialement utilisées dans la confection de vêtements destinés aux esclaves, aux travailleurs, aux chercheurs d’or. Une très courte histoire pour se situer. Ce sera dans le nouveau monde que Lévi Strauss en 1853 taillera son premier « jeans », du phonétique de Gènes, élaboré de fils de laine et de lin, mais bien trop lourd pour les labeurs journaliers. Il adaptera sa production pour une toile à armure de sergé en coton de Nîmes, le denim. Toutefois, On va en rester là pour l’histoire populaire et l’ensemble des périodes symboliques à travers lesquelles le denim a su se faire qualifier de revendication vestimentaire.

Finalement, où peut-on trouver ces meilleures toiles ? Qui les produit ? 

Les meilleurs denims  japonais à Okayama 

Notre voyage va s’arrêter uniquement à Kojima, un village de pêcheur dans la préfecture d’Okayama, berceau du Denim.

Dès le début des années 60, un fabricant de textile, Maruo Hifuku, qui deviendra aujourd’hui Big John, se lance dans la production de denim et donne naissance aux jeans japonais. Fort de leur héritage sur la culture du coton, des techniques manuelles de couture à la machine, d’un savoir-faire accumulé d’après-guerre dans la confection d’uniformes, Kojima compte ce jour près d’une trentaine de fabricants, parmi lesquels Momotaro, Fullcount, Kapital, Studio D’Artisan, etc.

Le secret du bon vieillissement d’un denim n’est autre que la qualité de son coton, notamment celui de Cotes d’Ivoire et particulièrement celui du Zimbabwe dont toute l’expression et la texture se voient révélées grace à des métiers à tisser mécanique d’ancienne génération à navette permettant de confectionner le Denim. Or en matière de teinture, l’indigo naturel fait loi, les artisans travaillent et teignent les pièces à la main pour obtenir un bleu typiquement japonais. Chaque maison orne désormais leur production d’un blason (leather back patch), tel le fruit de leur fierté, d’une reconnaissance parmi les autres, un certain clanisme parmi les puristes.

Photo : Mikiharu Tsujita, from Full Count

D’autres détails soulignent la recherche et le plaisir associés à la conception de leurs jeans, un liseré d’une teinte particulière, un stitching par des points chainettes, renforcés par des points d’arrêt plus ou moins épais, voir jusqu’à la personnalisation du Selvedge (cette fameuse bande rouge et bleu incrustée sur l’envers de la toile, au niveau des coutures intérieures). Pour certain, l’élaboration d’un denim correspond à une forme d’art plus qu’un travail.

Outre cette formalisation du travail, il existe spécifiquement une division du travail dans les divers processus d’élaboration du Jean, à savoir, le tissage, la teinture, la confection, et enfin le traitement. C’est particulièrement dans le domaine du traitement et de la transformation que Kojima a acquis sa réputation en cherchant à rendre leur produit avec une texture plus agréable à l’instar des jeans américains à la toile plus rugueuse et raide, préconisant pour certains de produits chimiques hautement toxiques dans leur délavage.

Ils privilégient ainsi le lavage des jeans à la machine des centaines de fois, avec des pierres ponces, le fameux stonewash, pour user la matière le plus naturellement possible.

Puis finalement, on en revient à l’intime car c’est un peu le jeu de porter plusieurs fois son jean, des semaines, des mois afin qu’il s’adapte parfaitement à notre anatomie, à notre morphotype, l’usure en est le fruit.

On parle de semaines de portage de jean mais certaines toiles developperont une usure plus rapidement.

C’est le cas notamment des Ivy 105 et 107 d’Orslow, par Ichro Nakutsu, exception basée à Hyogo, s’inspirant directement des archives Levi’s pour poursuivre cette authentique tradition des basiques très bien faits.

Certaines maisons telles que Warehouse Company vont developper des lessives biologiques (base d’acides gras de soja) sans détergent permettant de poursuivre le developpement et la réputation de cette formidable institution fondée par les frères Kenichi.

En terme de morphotype, quelques bases sur les différentes coupes. Bien évidemment, on privilégiera la coupe Straight leg Tapered ou Slim Tapered de Full Count (dont les références mythiques restent le 1109-XX en 13,7 OZ ou 15,5 OZ ou encore le 1110-XX), ou encore de Pure Blue Japan (marque fondée par Mr Iwatani), dont la maitrise de l’Indigo et la technique unique de production à faible tension offrent une sensation souple et rugueuse incomparable pour des 18 OZ (le XX-18oz-013 en est un parfait exemple), sans oublier le Lot 900 en 14 OZ de Warehouse Co, véritable basique.

Pour les puristes, Studio D’Artisan, pionnier d’Okayama, de quasiment 40 ans d’âge, saura imposer son histoire avec leur SD-107.

Et si la longueur vous fait défaut, la « bulldog », union special 43200g reproduira ce magnifique point chainette ornant le revers de vos denim.

Photo : « bulldog », union special 43200g

Vous l’aurez compris l’Indigofera, cette plante à l’origine de cet Indigo naturel nous fascine. Son évolution sur la toile de denim est un challenge personnel, une quête continuelle vers le denim parfait propre à notre anatomie.

Personnellement, mon denim préféré n’est autre que le 18 OZ-0305 de Momotaro en Zimbabwe coton extrêmement résistant, reflet de l’immense qualité du travail de cette institution (notez que sur le back Patch de ce fabricant, on peut y lire : « Made by hand without compromise »)

Il ne vous reste plus qu’a trouvé le votre jean chez JINJI

Anto, Jinji’s friend

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